Analyse de La Bête Humaine

Comme dans le autres volumes des Rougon-Macquart, Zola s’attache aux conséquences de l’hérédité qui forge les caractères et les tempéraments. Jacques Lantier, dans « la Bête humaine », n’échappe pas à cette étude poussée. Fils d’un couple alcoolique que l’on retrouve dans « l’Assommoir », il paye les excès de sa mère alcoolique Gervaise. Cette pathologie se traduit chez lui en folie meurtrière.

 

L’image du héros dans La Bête Humaine

Jacques Lantier est d’abord un employé modèle, cultivé et ayant fait de longues études. Ponctuel, sympathique aux yeux de tous, collègues et femmes qui le désirent secrètement. Il est physiquement attirant, jeune et beau. Mais il est surtout amoureux de son travail, de sa machine qu’il entretient avec affection. Il l’aime comme une femme. Zola n’hésite pas à personnifier la locomotive, la Lison, à l’aide d’adjectifs et de superlatifs féminins. Lors de la scène de l’incident dans la neige, Jacques est décrit comme un héros courageux affrontant les éléments, sans se laisser aller à la faiblesse et à la peur.

C’est un homme attentif aux plaintes de sa tante Phasie, ne pouvant pas concevoir es doutes qu’elle émet à l’encontre de son mari qu’elle soupçonne de travailler à sa mort. L’idée de violence le rebute alors. Fidèle en amitié, il apprécie Pecqueux, son compagnon de travail. Il conduit régulièrement la locomotive pour permettre à son ami de se reposer après ses beuveries. Lorsqu’il rencontre Séverine, il lui fait découvrir pour la première fois de sa vie les joies de l’amour. Il prend les traits d’un héros aux yeux de la jeune femme et apparait dans sa vie comme un sauveur.

 

Le dilemme d’un personnage tragique

Les nombreuses qualités de Jacques Lantier sont vite occultées par sa folie meurtrière. Lorsque l’intimité d’une femme lui est dévoilée, sa pulsion meurtrière s’impose à lui sans qu’il cherche à la satisfaire, pourtant. Conscient de la cruauté de ses pensées, il fuit d’abord Flore qu’il a séduite, puis Séverine, pour leur éviter la mort. Le lecteur ressent encore de la pitié pour cet homme victime d’un mal qu’il semble subir et qu’il ne comprend pas. Ici, le héros a laissé place au personnage tragique victime de la fatalité et de son destin. Même rien à voir avec le meurtre du président dans le train, cette scène de meurtre à laquelle il a assisté malgré lui semble avoir été un déclencheur de sa vraie nature. L’hérédité a parlé, c’est Séverine qui assouvira les mains criminelles de son amant. Lorsqu’il la tue, il espère que ce meurtre a assouvi la bête avide de violence qui sommeille en lui. Mais il se rend compte avec horreur qu’il n’en est rien.

 

Victime ou monstre ?

Pour Lantier, l’amour d’une femme ne peut s’accomplir que dans la mort. L’aboutissement de sa relation doit finir par le sang, comme un besoin vital. Autrement, il ne peut jouir complètement de sa relation. C’est un impératif à satisfaire sur- le-champ, qui le torture et auquel il a trop longtemps résisté. En fuyant pour éviter de tuer Séverine ou Flore après leur liaison, il essaye de fuir cette bête, sans réaliser qu’il l’emporte avec lui. Il se laisse alors envahir par les commandements de la « bête » qui l’habite et prend sournoisement possession de son corps. Dans ces moments où tout bascule, le mécanicien n’obéit qu’aux pulsions de ses gênes détraqués par une lignée familiale corrompue.

Zola trouve aussi à ces pulsions des origines  lointaines, ancestrales, du temps où l’homme n’était qu’une bête et considérait son semblable comme une proie. La scène finale du livre, celle de la mort violente de Pecqueux et Jacques, en est un bel exemple. L’histoire ne prend fin que lorsqu’ils s’entretuent, dévorés par leur colère, leurs vices, l’alcool pour l’un et le goût du meurtre pour l’autre. Il est à la fois la bête qui traque et la victime de l’hérédité qui lui dicte la violence.

 

Finalement, Jacques Lantier semble être un anti-héros n’ayant pu vaincre la bête qui sommeille en lui. Violent, sanglant, cruel, La bête Humaine est peut-être le volume le plus sombre du cycle des Rougon-Macquart.

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